jeudi 24 novembre 2011

Sagesse du Milieu: La valeur que l’on donne aux choses (article 3)


La vision énergétique


Les valeurs intérieures sont une notion que l’on peut aborder au travers des Cinq Eléments de la médecine traditionnelle chinoise.

Figure 1 de l'auteur

Le Feu (système sanguin, regroupant le Cœur, l’Intestin Grêle et deux fonctions[1],) génère, de ses cendres, la Terre (système nerveux, regroupant la Rate, le Pancréas et l’Estomac) qui contient le Métal (système respiratoire, regroupant le Poumon, le Gros Intestin); le Métal, qui, en s’oxydant, libère de l’hydrogène, composante de l’Eau (système osseux et uro-génital, regroupant les Reins et la Vessie). L’Eau nourrit le Bois (système locomoteur, regroupant le Foie et la Vésicule Biliaire), qui nourrit le Feu.
Ce cycle est le cycle de génération appelé cycle Chenn.
Comme tout extrême, il a son opposé : le cycle de régulation appelé cycle Ko.
Le Feu fond le Métal, qui fend le Bois, qui appauvrit la Terre, qui absorbe l’Eau, qui éteint le Feu.
Le cycle Chenn représente symboliquement la relation à soi-même alors que le cycle Ko représente la relation à l’autre.
L’état de santé correspond à une action harmonieuse des deux cycles. La maladie est une prédominance d’un des cycles sur l’autre. On peut aisément tirer un parallèle entre les cycles Chenn et Ko, d’une part et les pulsions de vie et de mort d’autre part.




Cinq Eléments
Eau
Bois
Feu
Terre
Métal
Cinq Directions
Nord
Est
Sud
Centre
Ouest
Cinq Saisons
Hiver
Printemps
Eté
Intersaisons
Automne
Cinq groupes d’Organes-viscères
Reins-Vessie
Foie-Vésicule Biliaire
Cœur-Intestin Grêle et Maître-Cœur Triple Réchauffeur
Rate-Pancréas Estomac
Poumons-Gros Intestin
Cinq Structures anatomiques
Os
Muscles
Sang
Nerfs
Peau
Cinq sens
Ouïe
Vue
Goût
Toucher
Odorat
Cinq Organes sensoriels
Oreilles
Yeux
Langue
Bouche
Nez
Cinq Couleurs
Noir
Vert ou bleu
Rouge
Jaune
Blanc
Cinq Saveurs
Salée
Acide
Amère
Sucrée
Épicée
Cinq Groupes de points d’énergie
Ho/Iong
Ting/Iu
Iong/King
Iu/Ho
King/Ting
Cinq cycles chimiques
Cycle P-Ca
Cycle glycogène-glucose
Cycle Mg-Fe
Cycle Na-K
Cycle O2-CO2
Cinq Cycles dans la Nature
Dans la nature, repos, cristallisation
Dans la nature, mouvement germination
Dans la nature, croissance, circulation
Dans la nature, épanouissement, maturité, synthèse : quatre intersaisons dont la principale est la canicule, entre l’été et l’automne, cette dernière correspondant à la récolte des céréales parvenues à maturité
Dans la nature, décomposition, oxydation des déchets
Cinq fonctions physiologiques
Dans l’homme, fonction osseuse de calcification
Dans l’homme, fonction locomotrice, musculaire, de mouvement
Dans l’homme, fonction sanguine, de distribution
Dans l’homme, fonction nerveuse, de commande générale, de synthèse
Dans l’homme, fonction respiration d’oxydation
Cinq aspects du psycho-affectif
La volonté et la capacité de mettre en mouvement le choix. Sièges des valeurs intérieures
Le Rêve qui permet de se projeter dans le futur et qui définit l’idéal de vie. Siège du désir
La Joie comme manifestation du plaisir de vivre épanouie et serein. =harmonie intérieur-extérieur. Siège de l’intelligence émotionnelle
Réflexion-évaluation de l’information récoltée par les 5 sens tenant compte de l’expérience-éducation (passé) et de l’idéal vie (futur).
Décision : faire le choix conscient de devenir ce que l’on décide. Siège des Pulsions-répulsions
Tableau 14 de l'auteur



Les valeurs de l’Eau


Les valeurs intérieures correspondent en énergétique à l’Elément Eau.
En psycho-énergétique, l’Eau correspond également à la volonté et la capacité de mettre en œuvre ce qui a été décidé mentalement et avalisé émotionnellement. La réflexion sur les valeurs intérieures améliore et entretient la qualité de l’Eau.
Pour que l’Eau fonctionne idéalement, les quatre autres Eléments le doivent le faire également :
·         Le Bois doit produire le monde onirique, le monde du rêve qui permet à l’être humain de s’échapper des activités lassantes du quotidien visant à combler les besoins vitaux. Pour fonctionner le Bois a besoin d’imaginer un futur égal ou meilleur que le présent. Il le produit à partir de la pulsion de vie de l’inconscient.[2]
·         Le Feu est traditionnellement appelé l’Empereur. Il s’occupe de synthétiser toute l’information et le travail des quatre autres Eléments et est responsable d’adapter le niveau général d’énergie à disposition en contrôlant le système nerveux autonome. Le Feu est également l’Elément le plus extérieur au sein duquel les échanges avec le monde extérieur ont lieu. Un Feu efficient permet à la personne d’échanger avec l’Autre en valorisant les deux parties.
·         La Terre relie les Eléments Yang (Bois et Feu) aux Eléments Yin (Métal et Eau). Elle fait la balance entre le rêve, l’idéal désirée et la vie réelle. Elle peut générer un changement de stratégie de fonctionnement intérieur donc de comportement extérieur afin de s’adapter aux modifications de son environnement dont elle a été informée. La Terre génère la confiance en soi, c’est-à-dire la capacité que la personne à accréditer un sentiment personnel sur un objet, une idée, un congénère, etc.
·         Le Métal se sert du matériau délivré par la Terre afin de faire un choix c’est-à-dire de permettre à la personne de conserver ou adapter son positionnement en fonction des nécessités. Le Métal a besoin de la confiance générée par la Terre pour fonctionner. Il est inhibé lorsqu’il est attaqué par le Feu (le Feu fondant le Métal) et fonctionne alors en mode instinctif, générant des réactions automatiques, visant à défendre l’intégrité de la personne.
Le potentiel de l’Eau est inhibé par la peur, qui est la conséquence de l’ignorance de ce qui se passe dans l’environnement. Cette incapacité à sentir son environnement est un dysfonctionnement de la Terre qui a ce rôle.



Maladies des sentiments


En Shiatsu Holistique nous relions une maladie du corps avec un déséquilibre « des sentiments ». Nous relions donc des sentiments à des organes.
D’une manière très résumé et volontairement simpliste, on peut s’imaginer le schéma suivant :

Schéma de l'auteur
 
Les émotions figurant dans les zones textes ci-dessus affaiblissent l’élément correspondant. Les huit flèches figurant dans le croquis symbolisent l’action inhibitrice de sentiments sur d’autres. Un exemple : éprouver de la joie et du plaisir inhibe le chagrin, le deuil et la lassitude et inversement. Le but est donc une fois de plus de rétablir l’harmonie.


Organes/viscères
Abréviations
Poumon
P
Gros Intestin
GI
Rein
Rn
Vessie
Ve
Foie
F
Vésicule Biliaire
VB
Cœur
C
Intestin Grêle
IG
Maître Cœur
MC
Triple Foyer
TF
Tableau 5 de l’auteur


Utilisation pratique


Les valeurs correspondent à l’Eau. D’un point de vue psycho-énergétique cet Elément est nourri par la confiance en soi[1] de la Terre et le choix mûrement réfléchi du Métal.
L’Eau produit une énergie de qualité lorsque la personne vit intérieurement dans un climat positif et constructif en tenant compte d’une part de ses valeurs et de celles du monde extérieur. Dans ce cas-là, l’Eau délivre son énergie au Bois, lequel permet l’extériorisation des valeurs.
Sans travail d’adaptation volontaire, l’Eau perd ses propriétés avec le temps et se rigidifie. Ce terrain est alors favorable au développement d’un stress chronique qui en est l’expression.



Conclusion


Les valeurs d’une personne sont une structure qui lui permet de rentrer en contact avec le monde extérieur et d’exprimer son individualité. Leur entretien permet à l’individu de rester dans une relation valorisante avec le monde extérieur qui lui permet d’évoluer constamment au cours de sa vie.
J’espère vous avoir donné quelques pistes et quelques outils qui permettrons à ceux et celles qui le désirent de travailler à ce niveau.


                                                                                     Jean-Christian Balmat


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[1] La confiance en soi est le sentiment qui est produit par une Terre qui fonctionne idéalement. La Terre produit l’anxiété ou l’hyper nervosité lorsqu’elle fonctionne mal.


[1] Le 2e Feu correspond aux deux fonctions Maître-Cœur d’une part, premier ministre de l’empereur-cœur, et d’autre part Triple Réchauffeur, gérant entre autres l’aspect calorifique du corps
[2] Cette pulsion de vie est compenser par la pulsion de mort qui dans ce contexte correspond au besoin pour l’Homme d’éliminer, de lâcher-prise avec certains aspects de son passé ce qui correspond à un processus de deuil.

Sagesse du Milieu: La valeur que l’on donne aux choses (article 2)


La réponse au stimulus


A ce niveau de fonctionnement du système nerveux, l’être humain a développé des programmes de fonctionnement qui conditionnent sa réponse à tous les stimuli. L’évaluation du stimulus se fait en fonction de la sensation ressentie. Cela se traduit au niveau du cerveau par deux systèmes physiologiques distincts concernant l’action :
1.         Le « medial forebrain bundle » (MFB) en anglais qui est le circuit de récompense
2.         Le « periventricular system (PVS) », qui est le circuit de punition, qui active la fuite ou la lutte
Ces deux systèmes ont pour but de préserver l’homéostasie par l’action et forment ensemble le système activateur de l’action (SAA).
Le S.A.A. s’oppose au système inhibiteur de l’action (SIA). Ce système s’enclenche en cas d’inefficacité de notre action (qui correspond à un profond sentiment d’impuissance = « je ne peux pas interagir avec mon environnement car ceci est « faux » pour Moi, mais je ne parviens pas à agir donc je ne bouge plus, je me prostre, me replie »). Le SIA constitue la troisième solution de réponse ….qui n’en n’est pas une car ce dernier système nous parle de l’incapacité de l’être humain à bouger lorsqu’il ne reconnait pas un stimulus.
Le S.I.A. a été utile dans l’évolution et de manière très ponctuelle, dans les situations où toute action est susceptible d’empirer la situation. Lorsque l’humain perçoit que la lutte ou la fuite sont impossibles, il se contente de la soumission et l’acceptation (passive et à contrecœur) afin de maintenir autant que faire se peut le statu quo.
Dans notre société moderne où la compétitivité est érigée au rang de dogme, de nombreuses personnes vivent dans l’appréhension de la « punition » : peur du chômage, peur de ne pas avoir la promotion, peur de ne pas pouvoir payer les factures à la fin du mois, peur de dire au chef de vente nos petits résultats, etc. Dans ce genre de cas, la personne n’a plus l’impression d’avoir de choix et sombre dans l’inhibition chronique. De nombreuses conséquences sont à déplorer lors d’un sur fonctionnement du SIA comme en autres : dépression, maladies psychosomatiques, ulcères d’estomac, hypertension artérielle. A noter également qu’étant donné que le SIA épuise le potentiel de lutte du système immunitaire des pathologies plus graves peuvent se développer ultérieurement.
Le SIA est donc le système qui rentre en fonction lors d’un stress majeur soudain (situation de guerre, viol, agression, catastrophe naturelle, etc.) ou d’une situation de stress chronique (situation d’instabilité politique du pays, du marché du travail, de la situation familiale, etc.). Il est fréquent que lorsque le SIA rentre en action dans le cadre d’un stress causé pas un choc majeur que la personne souffre par la suite du syndrome de stress post-traumatique (ou SSPT, voir article à ce sujet)



Changer ses valeurs hors du stress


Les valeurs intérieures sont donc des évaluations de toutes les composantes du monde de l’individu par celui et pour lui-même.
Ces évaluations sont de nature psychoaffective et leur teneur évolue à mesure que l’être humain progresse sur son chemin de vie.
Tant que l’individu estime avoir le choix, il peut choisir entre :
·         Confirmer la relation avec l’objet, l’animal ou la personne parce qu’elle lui apparait comme plaisante et susceptible de satisfaire (consciemment ou non) une pulsion intérieure
·         Fuir ce qu’il lui apparait comme quelque chose ou quelqu’un capable de mettre en partie ou en totalité l’intégrité de la personne en danger

Par contre lorsque l’être humain se retrouve dans une situation totalement inconnue, il se retrouve sans ressources intérieures pour répondre. Ce qu’il connait de la vie et sur lequel il a un avis clair forme toutes ses valeurs intérieures. Il ne peut agir qu’en face de contextes sociaux connus et quand ce n’est pas le cas, son système d’inhibition de l’action s’active. Dans ce mode de fonctionnement, l’individu subit la situation. Pire lorsque cet état se prolonge il vit au travers de la fatalité, en renonçant à tout combat idéologique pour affirmer ses valeurs, pour s’affirmer tout court.
Le meilleur moyen à disposition de l’individu pour travailler sur ses valeurs pour mieux les affirmer est de :
·         Admettre le facteur extérieur qui a produit une remise en question des valeurs intérieures. Une valeur intérieure est efficiente tant qu’elle est souple c’est-à-dire adaptative à la réalité vécue extérieurement. Les valeurs sont toujours remises en question lorsqu’elles sont devenues inappropriées à la situation concrète. Tant que la personne reste en lien avec son environnement et sa réalité, elle s’adapte. Par contre un choc, un blocage ou un problème grave dans la vie quotidienne peuvent mettre l’individu sur la touche. Il cesse alors de s’adapter et sa valeur intérieure se fige dans sa forme au lieu d’évoluer symétriquement au mouvement du monde extérieur. Les valeurs intérieures devraient idéalement avoir la propriété de l’eau : elles devraient pouvoir s’adapter au contenant. C’est-à-dire que les valeurs intérieures devraient permettre à l’individu de vivre des situations différentes sans changer dans leur fond. La remise en question de la personne, signifie qu’elle vit une grande tension entre ses valeurs intérieures et celles en vigueur dans son environnement de vie. Il s’agit là de bien comprendre qu’il y a une multitudes de bonnes valeurs mais chaque individu a une conscience, une éthique et une façon d’aborder la vie qui le rendent compatibles qu’avec certaines d’entre elles. Vivre en faisant le grand écart est impossible. L’individu a le pouvoir de décider en lui et pour lui ce qui est bon pour autant qu’il octroie le même droit à ses congénères.
·         Une fois que les valeurs ont été déterminées par un travail intérieur, l’individu doit encore les mettre en action dans sa vie quotidienne. Il doit les manifester au travers de ses actes, ses paroles dans le monde extérieur. Cela nécessite un gros travail d’autorisation, de validation de voies nouvelles de communication avec l’Autre au sens large du terme. Comprendre la notion de valeurs intérieures c’est aussi les mettre en lien avec leur pendant extérieur donc des groupes sociaux déterminés. En changeant de valeur l’individu change aussi complétement la nature de ses échanges avec la société et ses composantes. Il ne subit plus son existence mais se rend compte que ses valeurs peuvent être exprimées à condition que cela soit dans un contexte de paix, de respect et d’échange avec l’autre. Changer de valeurs c’est surtout comprendre que chacun a le droit d’avoir les siennes et que c’est peut-être plus sain de fréquenter les gens avec qui l’individu a des atomes crochus plutôt que de nourrir de relations toxiques. Celles-ci sont tout simplement des relations destructrices à l’intérieur desquels les protagonistes nient et détruisent les valeurs les uns des autres.

Pour sortir du stress l’individu doit pouvoir s’affirmer et s’épanouir dans son environnement. Pour sortir de la perception d’insécurité, de danger, il a le pouvoir de s’autoriser à s’affirmer pour trouver sa propre place sans le faire au détriment des autres. En se respectant il conquiert sa liberté de choisir et en respectant l’autre il crée la liberté dans la société. Pourtant il l’a conquiert en se donnant des limites. Et c’est bien ça que sont les valeurs : un cadre de classification qui rend possible que certains actes, paroles et comportements.
Affirmer ses valeurs dans un processus constructif ne peut se faire dans un contexte égoïste au contraire. Le but pour l’individu est de pouvoir épanouir ce qu’il est dans la société. Il ne peut donc la nier mais contraire devra poursuivre le but de s’y intégrer. L’affirmation de ses valeurs n’est pas un acte qui profite qu’à l’individu mais à tout le groupe auquel il appartient. Car en exprimant le meilleur de lui-même, il prend dans la société un rôle qu’il lui convient complétement plutôt qu’il y tienne un rôle dans lequel tout le monde le voit mais qu’il n’aime pas.
Le stress constitue la conséquence d’une perception (souvent inconsciente) de la personne de son incapacité à s’adapter à une situation à laquelle elle fait face. Le stress dégrade le corps[1], change la qualité de l’affect et de la pensée (émotions pensée négatives au sens large du terme) sans oublier de dégradation de l’auto perception.
Sortir du stress ne pourra se faire qu’à partir du moment où la personne aura compris comment supprimer la source extérieure de celui-ci et trouvera ensuite les ressources intérieures qu’elle devra mettre en œuvre pour solutionner le problème.



                                                                                     Jean-Christian Balmat


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[1] Le stress peut générer l’anxiété, l’insomnie, la dépression, les troubles compulsifs alimentaires (TOC, dont anorexie-boulimie), avec comme conséquence indirecte parfois la toxicomanie (médicaments, alcool, drogues dures) compensatrice

Sagesse du Milieu: La valeur que l’on donne aux choses (article 1)



Introduction


Dans les précédents articles, j’ai très souvent évoqué la notion de valeur que l’individu donne au monde sans trop la préciser. Dans ces temps où les valeurs extérieures tant politiques, économiques que sociales changent et se transforment de plus en plus vite, il est plus que jamais difficile de définir ce que sont nos valeurs intérieures.
La question n’est pas de savoir quelle forme prend la valeur, puisqu’il appartient à chacun de la définir. Mais de comprendre le fond de ce qui constitue nos valeurs intérieures peut permettre d’en changer consciemment et de ne plus en être l’esclave.
Les valeurs intérieures de l’individu sont en interactions dans le monde extérieur avec les valeurs reconnues par la société. Tout comme les valeurs défendues par la société constituent la loi extérieure, les valeurs intérieures constituent la loi intérieure qui gère toutes les interactions relationnelles que l’individu a avec la société. La loi intérieure est l’instance qui autorise ou interdit l’acte ou la parole.



Définition


Chaque individu attribue à tous les éléments vivants et inanimés qui composent son environnement extérieur une valeur qui lui est propre et subjective.
La valeur intérieur est une forme de définition du monde extérieur et constitue la structure psychoaffective qui permet à l’être humain d’interagir avec son environnement. Elle est contrepartie intérieure de la valeur sociale. Dire d’un individu qu’il vit au sein d’un groupe social précis c’est qu’il possède des valeurs intérieures compatibles avec celles valorisées par le groupe.
Les valeurs de l’individu le définissent par rapport à ses congénères, un groupe social précis ou la société en général. Les nuances de celles-ci le distinguent de ses congénères et le spécifient et matérialisent lorsqu’elles sont exprimée son individualité. Les valeurs sont essentielles pour l’esprit humain qui a un besoin existentiel de définir le monde.
Lorsque la différence entre les valeurs de l’individu et du groupe (au sens large du terme) est trop grande, il se créé une tension telle qu’elle se manifeste en général par un conflit plus ou moins ouvert entre les parties. Ce conflit évolue d’une manière constructive ou non selon que les parties s’écoutent dans le but d’établir un dialogue ou non.
La valeur intérieure correspond à l’association mentale que l’individu fait automatiquement au niveau de son processus cognitif entre :
·         L’élément concerné en tant qu’objet-support lui permettant de satisfaire une pulsion. Ce point nous parle des attirances et de rejets que l’individu éprouve intuitivement au contact de chaque chose, chaque plante, chaque animal et chaque congénère. Ce sentiment est préexistant à la rencontre avec l’objet et est la conséquence directe de la nature de l’éducation et de l’expérience de la personne. Ce point est donc le siège de ce que l’on appelle les préjugés que chaque être humain éprouve au sujet des choses. Il conditionne l’individu. Cela correspond au passé car c’est notre historique relationnel qui fonctionne à ce niveau. Cela créé une séparation entre ce que la personne aime et qui l’attire d’une part et d’autre part de que la personne déteste et qu’elle rejette. Cette séparation est la projection de celle qui sépara le soi du non-soi.
·         La qualité de la sensation ressentie via les cinq sens. Cette sensation globale est formée de cinq informations différentes interagissantes les unes avec les autres. Elle permet à l’individu de sentir le monde extérieur d’une manière spontanée contrairement au pt 1. Les cinq sens ont pour fonction d’informer de modifications fines et subtiles de l’état des choses avec lesquels l’individu rentre en contact. Ce point peut infirmer l’information conditionnée provenant du passé. La sensation présente possède donc le potentiel de générer un changement de  l’attitude d’une personne en temps réel. Cela correspond au présent car ce qui fut vrai par le passé ne l’est pas forcément aujourd’hui.
·         L’interprétation intérieure se fait en fonction des valeurs préexistantes de la personne. En fonction de l’éducation, de l’histoire et de la sensation issue du contact présent la personne interprète la situation. Cela lui permet de se positionner avant de produire son action. Ce point correspond au futur et à la capacité de donner une réponse future totalement différente de celles qui furent choisies par le passé.

La valeur intérieure que l’individu attribue à une chose conditionne de type de relation qu’il aura avec elle. Elle dicte surtout la réponse que la personne extériorisera après le stimulus que l’objet à produit sur elle.
La valeur existe intérieurement et est même préexistante à l’apparition de l’objet dans la vie de la personne. Le stimulus de l’objet produit la manifestation de la valeur. Par défaut, l’être humain rejette tout objet qu’il ne reconnait. Ce dernier phénomène est totalement naturel et a permis la perpétuation de l’espèce malgré les dangers environnementaux depuis l’avènement de l’Homme sur terre.



Le processus intérieur d’intégration-restitution


Après les trois étapes décrites ci-dessus, une quatrième débute : l’intégration. Après avoir interpréter le stimulus produit par l’objet, l’individu l’intègre dans son monde intérieur dans des grandes catégories :
·         La sensation ressentie est plaisante et correspond à un sentiment positif qui comble un manque intérieur. La personne associe intérieurement l’objet au domaine positif.
·         La sensation ressentie est déplaisante et correspond à un sentiment négatif qui a le potentiel de détruire la personne. Cette dernière associe l’objet au domaine négatif en toute logique
·         La sensation est totalement inconnue et la personne ne peut envisager de réponse car elle ne possède pas la connaissance de l’objet.



L’encodage par le cerveau du stimulus


Pour que la personne prenne conscience de ses valeurs intérieures, elle doit vivre une première expérience dans le monde extérieure. L’individu va la classer en quelque sorte dans la catégorie plaisir, la catégorie douleur ou la catégorie je ne sais pas.
Chacune de ses catégories correspond à un programme précis qui gère toute la réponse que va fournir l’individu :
·         Qualité (dans le sens ambiance) de l’énergie psychoaffective : réponse dans la positivité et l’ouverture ou au contraire dans la négativité et le rejet total par exemple. Cette notion relationnelle que la personne détermine pour chaque composante du monde autorise ou non sa capacité à entrer en contact fructueux avec celle-ci.
·         Mouvement général de trois types de stratégie relationnelle : plutôt dans l’approche et l’entretien de la relation, ou l’attaque, la fuite ou finalement l’inhibition et l’inaction.
·         Capacité à atteindre et manifester son plein potentiel tant au niveau physique, énergétique, affectif que psychique.

A ce niveau, l’expérience passée et l’éducation agissent
·         comme une solution automatique connue pratique car l’individu est dans la reproduction de son passé. Il est rassuré mais en contrepartie il n’apprend rien de nouveau.
·         Comme une stratégie inefficace n’apportant pas de réponse à l’événement présent. L’être humain peut alors de son propre décider consciemment de s’adapter en changeant sa stratégie relationnelle pour une solution mieux adaptée à la situation. Il devient alors ce qu’il décide d’être et par la même devient l’acteur et le metteur en scène de sa vie.

L’être humain possède comme base son expérience et son éducation. La combinaison de celles-ci fait qu’il a établi une série de valeurs intérieures lui permettant d’interagir avec le monde extérieur. Ces valeurs définissent un champ d’action dans lequel la personne agit. Les valeurs du passé sont celles qui sont appliquées automatiquement dans la vie quotidienne, à moins que la personne n’en décide autrement. La reproduction automatique des comportements appris sans réflexion est le fait du subconscient. Ce dernier fait office de pilote automatique et permet de reproduire des actes sans intervention du conscient.
Pour qu’il évolue, il doit consentir à continuellement adapter, corriger ses valeurs à fur et à mesure des expériences qu’il fait. Il ne peut arrêter le monde en décidant de fixer ses valeurs un jour donné. Dans pareil cas, l’être humain finit par finit par être désadapter dans ses relations avec le monde extérieur. La spécificité de l’être humain par rapport à l’animal est le pouvoir qu’il a en ayant conscience de potentiel d’adaptation au milieu de vie qu’il a.
La vision du monde qu’a l’individu est en relation direct avec l’historique des contacts qu’il a eu avec son environnement. La détermination des valeurs relève donc plus de l’émotionnel que du rationnel.
La réponse de l’être humain doit permettre idéalement de le rapprocher de ce qui lui fait du bien au sens large et l’éloigner de ce qui peut le détruire. Cependant son intelligence devrait lui permettre d’appréhender aussi ce qui lui fait du mal sans peur, angoisse ou colère afin d’apprendre à s’en protéger et de se positionner sans se dévaloriser.
Toute désadaptation au milieu de vie génère intérieurement le stress. Tout stress est la résultante de la perception par l’individu de son incapacité (réelle ou perçue comme telle) à répondre à une demande du monde extérieure. A ce moment soit :
·         L’être humain campe sur ses positions et applique ses vieilles valeurs à un nouveau monde. Ce qui aura pour conséquence de générer un conflit. Dans ce cas aucun échange n’a lieu entre les parties. Ce terrain est celui sur lequel se développe l’intolérance, la peur, la colère, bref le conflit. Cette psychorigidité rend impossible la vraie relation car le psychorigide impose sa vision du monde à l’Autre sans le respecter. Cette attitude génère le dialogue de sourds.
·         Soit il change en adaptant ses valeurs à la nouvelle situation ou parvient à convaincre l’Autre[1] de changer. Dans ce cas, il y a échange relationnelle qui favorise la compréhension, la tolérance de la différence. Cette ouverture à l’autre doublée du respect nécessaire se mettre à l’écoute crée un terrain qui favorise l’épanouissement de l’individualité dans le respect de l’Autre.

S’adapter constamment peut sembler effrayant cependant c’est pourtant une loi universelle. Le faire à la manière de l’eau qui s’adapte à son contenant sans changer son essence est à la portée de tout Homme de bonne volonté.
Il s’agit une fois pour toute de comprendre et d’utiliser le fait que notre espèce est dotée du système nerveux en général et d’un encéphale en particulier qui génèrent automatiquement la reproduction de ce qui a été historiquement profitable à la personne. Changer de stratégie, ne peut se faire qu’en consentant se débarrasser d’une ancienne devenue inefficace.
Ce lâcher-prise par rapport à l’ancienne stratégie qui représente le passé, est conditionnée par la capacité de l’individu à croire dans la possibilité d’un futur possible donc positif. Hors si l’être humain ne prend pas garde, il tombe vite dans des routines qui forment ses limites personnelles. Ces comportements et schémas comportementaux qui composent notre quotidien sont tout autant des repères essentiels que des limitations enfermantes. Changer ses valeurs ne peut se faire que lorsque le besoin de changement est admis suite à l’inefficience d’une stratégie. Ce changement consenti par la personne est alors une rupture avec le passé désuet pour un futur meilleur.


                                                                                     Jean-Christian Balmat


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[1] L’Autre avec majuscule est utilisé dans ce contexte afin d’évoquer non seulement le congénère mais également tout animal