mercredi 1 juin 2011

Sagesse du Milieu / Travailler sur soi pas à pas. Article 6 : le courage de s’assumer


Dans les articles précédents, j’ai évoqué la nécessité d’apprivoiser nos sentiments primaires, que sont la colère, la peur, l’angoisse et la déprime, afin d’apprendre à les connaitre pour les maîtriser. Hors, il faut reconnaitre que d’affronter ses faiblesses et ses défauts sans se trouver d’excuses ou rejeter la responsabilité sur les autres n’est facile pour personne. Assumer ce que nous sommes, ce que nous ressentons, demande du courage et de la volonté. Affronter tout ce que nous avons caché au fond de nous, est pourtant la première étape qui nous conduit des problèmes aux solutions.



Que faut-il assumer ?


Chaque être humain doit assumer :
·         Toutes ses actions dans le plan physique, affectif et psychique.
·         Toutes les actions des autres ayant touché son aspect physique, affectif et psychique
·         Le résultat intérieur du mélange des deux points précédents

La vie présente est le résultat des actions du passé de la personne et des autres sur elle. Alors que les bonnes actions, celles qui produisent du bien (plaisir), sont faciles à assumer ; celles qui génèrent de la douleur le sont nettement moins. La douleur génère un mouvement de recul, de rejet naturel, visant à maintenir notre intégrité sur le long terme.

Nos échanges sociaux ne sont pas hasardeux mais tout au plus diriger par un expert de la manipulation, l’inconscient :
·         Toutes les personnes qui pensent ou qui éprouvent de manière similaire partagent dans la vie courante des activités communes. « Qui se ressemble, s’assemble ».
·         De même ceux qui s’opposent en pensée ou en termes d’émotions, s’opposent lorsque la Vie les réunit en un endroit commun.
·         De par les réflexes comportementaux           (les habitudes acquises dans le cadre de notre éducation par la famille et la nation dans laquelle nous avons grandi), nous évitons ce qui nous fait mal et nous nous rapprochons de tout ce que nous aimons et ce, dans tous les domaines de la vie courante.
Bien que nous ne nous en rendions pas compte, ce que nous sommes, notre personnalité, est à l’image d’une note de musique plus compatible avec certaines que d’autres. Nos interactions sociales sont parfaitement explicables bien que parfois dures à accepter.



Fuir devant son ombre


Lorsque le ressenti intérieur correspond à de la douleur, une partie de la personnalité a logiquement envie de fuir la douleur et sa cause pour ne plus la ressentir. Il est également extrêmement dur d’affronter ce qui est perçu comme inassumable : tout acte réalisé qui est perçu comme un interdit, qui est « hors la loi », hors du cadre comportemental social, familial ou personnel.
L’éducation établit ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Dans tous les domaines de vie, nous correspondons ou pas aux attentes des autres. Quel que soit le domaine de vie, les « lois » restent les mêmes :
·         Afin d’être la fierté de ses parents ou d’être félicité par son patron, l’être humain respecte les rituels sociaux précis de ses parents et respectivement du patron.
·         La personne devient vite le mouton noir lorsque elle remet en question le cadre jusqu’à être rejeté si elle agit à l’encontre du cadre

Nos échanges sociaux impliquent une relation de type punition-récompense avec l’autre : quel que soit le type d’action, donner du bien rapporte du bien et inversement. Lorsque nos actions sont approuvées et reconnues nous en sommes récompensé, tout comme nous sommes réprouvés en cas de désaccord avec le cadre.

Assumer dans le présent ce que l’on a jusque-là rejeté n’est pas évident. Fuir est une des solutions qui est très souvent utilisée lorsque l’être humain n’assume pas son ombre, sa face cachée (son inconscient). L’avantage de la fuite c’est que l’on n’a pas à assumer les conséquences dans le présent. Son inconvénient est qu’à force de remettre à demain le travail, les boulets du passé finissent par nous empêcher d’avancer. En fuyant dans le présent, on s’assure un futur sombre.





L’autre, ce moi inversé ou le Principe du Miroir


« Comment peux-tu dire à ton frère : Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille qui est dans l'œil de ton frère ».
Luc 6:42

La Vie est comme un film dans lequel nous avons un ou plusieurs rôles. Ceux-ci servent à nous définir : on dit d’une personne qu’elle est l’enfant de tel et tel, le conjoint de quelqu’un ou l’employé de ce patron. Ces rôles impliquent que nous en revêtions l’habit, le costume qui lui correspond.

Notre rôle implique que nous nous comportions d’une manière précise dictée par le groupe social auquel nous appartenons.
Notre rôle se combine avec les autres personnages du « film » et respecte une logique précise et définie. Le professeur exerce devant des élèves, la femme se transforme en mère dès la venue de l’enfant, l’homme politique n’est rien sans ses électeurs, le fort l’est parce que le faible existe et plus négativement, l’agresseur poursuit l’agressé, le vendeur a besoin des clients, le bourreau engendre la victime, etc… Les extrêmes d’un même contexte s’attirent. Le but est de transcender chaque contexte, sortir des extrêmes en renforçant le milieu. Dans ce centre il y a :
·         la force de caractère qui s’extériorise dans le respect de l’autre
·         la paix assez forte pour repousser toute forme de violence
·         la confiance dans les capacités intérieures et la Vie en général. Ce sentiment qui permet à l’être humain d’avancer sur la route de la Vie.
·         La pulsion de vie qui permet de transcender les obstacles de vie

Nous sommes interdépendants les uns des autres. Ce que nous sommes nous amène à faire partie de groupes qui interagissent les uns avec les autres formant ainsi l’humanité toute entière. Nous y tenons notre rôle plus ou moins bien, ce qui nous vaut la reconnaissance ou le rejet.

La reconnaissance de notre rôle par nos pairs nous rapporte l’amour de nos proches mais aussi le salaire de notre patron et l’augmentation de notre réseau social.

Chaque relation engendre une conséquence positive ou négative. La qualité de la conséquence est déterminée par l’énergie personnelle de chacun des protagonistes et le mélange, plus ou moins heureux. La qualité de chacune de nos relations est le reflet de ce que nous et notre partenaire y avons mis.

Pour comprendre le rôle que nous jouons, la meilleure méthode consiste à se placer comme le spectateur de notre vie. C’est-à-dire acquérir assez de détachement avec notre rôle afin de pouvoir le décrire avec autant d’objectivité que pourrait donner une tierce personne. En se détachant de l’implication émotionnelle que nous avons au sujet de notre propre vie, nous pouvons apprendre à y voir plus clair en y posant un regard objectif.



Je réprouve en l'Autre que ce que je refuse de voir en moi


Aller à la rencontre de l’autre, c’est aller à la rencontre de l’inconnu. Apprendre à tolérer l’autre c’est s’ouvrir sur notre inconscient. Ne pas le contester c’est accepter d’apprendre sur soi par l’autre. L’autre est le miroir dans lequel nous pouvons nous découvrir.
·         Nous nous aimons à travers lui.
·         Nous rejetons en l’autre ce que nous rejetons en nous
·         Nous dénonçons chez lui des faiblesses que nous n’aimons pas chez nous.
·         Nous méprisons en lui ce que nous méprisons en nous.



Le courage d’affronter


Affronter c’est arrêter de fuir. C’est l’acte de faire un demi-tour et faire face à nos problèmes.

Le courage est l’inverse de la lâcheté. Ces deux qualités s’offrent à l’être humain après qu’il ait éprouvé la peur de l’inconnu. Dès lors qu’il accepte d’apprendre, même d’une expérience très négative, il évolue.

Le courage d’assumer c’est aussi transcender la mort, en affrontant les éléments de notre vie qui nous ait mis à terre. Affronter ce quelque chose qui, par le passé, nous a tenu en échec ou qui nous a révélé un aspect négatif de notre personnalité.



S’affirmer


Après avoir affronté son passé avec courage, l’être humain peut enfin s’affirmer devant les autres. Dans le respect et la positivité, il a acquis le pouvoir de montrer ce qu’il est, pense, éprouve ou fait sans honte devant l’autre.
Tirer la quintessence de ses erreurs passées, c’est aussi agir en tenant compte de notre expérience. Agir dans le présent au plus juste de sa conscience, c’est éviter d’éprouver des regrets dans le futur et entrer dans la sérénité. Accorder nos actes, nos émotions et nos pensées et les diriger vers nos buts.

L’affirmation c’est surtout la matérialisation par les actes qui sont justes et vrais pour l’individu. Lorsqu’il agit selon sa conscience et participe à des actions qu’il cautionne pleinement, il est serein et vit dans la paix. Il y a d’innombrables façons d’être « juste et vrais », autant qu’il y a d’êtres humains. Chacun peut créer et développer sa version de la vie librement s’il construit positivement. Il sera en harmonie avec l’univers tout entier et recevra du positif en retour.


                                                                                     Jean-Christian Balmat


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mardi 17 mai 2011

Sagesse du Milieu :Retrouver la sérénité avec la respiration


Depuis longtemps, les méthodes de travail sur la respiration sont monnaie courante en orient. Si ces techniques ont été développées, c’est pour une raison simple : travailler sur la respiration permet de maîtriser ses émotions, ses pensées et d’accéder au bien-être dans un premier temps. Puis cela permettra d’accéder à la spiritualité pour ceux que cela intéressent.

Cela peut paraitre, à priori, une théorie farfelue. Mais chacun peut observer le changement de rythme respiratoire lorsque nous sommes soumis à un stress, une forte émotion ou un choc soudain. En effet bien que l’ « homme intellectuel » pense d’une manière cognitive et manie des concepts abstraits facilement, il est devancé dans tous les cas d’urgence par le cerveau reptilien de l’ « homme instinctif ». A ce moment, la sensation de perte de maîtrise est à son paroxysme : le réfléchi est supplanté par l’instinctif.

Ce côté instinctif primordial qui assure la réalisation des trois fonctions vitales (respirer, s’alimenter et se reproduire) ne doit pas être « réduit au silence » mais, dois, au contraire canaliser nos pulsions de vie. Il est essentiel à notre vie car il en est le moteur : notre mental le dirige tant que le niveau de stress est bas.

C’est pourquoi, les orientaux ont mis au point depuis des temps immémoriaux, des méthodes visant à acquérir le contrôle sur le côté instinctif, via un travail à la portée de tous sur la respiration.



Fonctions cachées de la respiration


Les fonctions respiratoires physiologiques sont à l’heure actuelle connues de tous au moins dans les grandes lignes. Cependant, lorsque nous essayons de comprendre le rôle de la respiration dans la maîtrise des émotions et des pensées, il convient de bien prendre en compte la réaction au niveau respiratoire de l’être humain, lors d’un choc : la plupart du temps, l’effroi produit un blocage de la respiration. La colère par contre, va l’accélérer et « la faire monter ». La respiration se fait alors au niveau du thorax et superficiellement. Dans tous les cas, les inspirations sont plus importantes que les expirations.

Bien que cela soit un très réducteur, nous pouvons dire que lors de nos échanges sociaux nous absorbons les actes, les émotions et les pensées de nos congénères lors de la phase inspiratoire, nous intégrons ces informations durant l’apnée et nous répondons lors de l’expiration. Les enfants perdent souvent leur maîtrise innée de la respiration ventrale (au niveau de la partie basse de l’abdomen) lors de chocs émotionnels mal intégrés. Arrivé au stade adulte, la plupart des êtres humains respirent mal. Et qui dit mauvaise respiration, dit mauvaise oxygénation.




Les buts à atteindre


Le but à atteindre est de parvenir à placer sa respiration au niveau du bas ventre et de l’y maintenir. Cela est difficile au début, mais petit à petit, chacun peut parvenir à contrôler un peu plus longtemps sa respiration.



Moyens d’y parvenir


Le moyen le plus direct d’y parvenir est la méditation. A genoux, assis ou en position du lotus la personne parvient, en se concentrant totalement sur sa respiration, à se détacher peu-à-peu de ses cinq sens et de leur flux d’informations incessant.

Après une pratique assidue, le travail méditatif permet, par le détachement des émotions et des pensées superficielles, d’accéder au travail sur le soi profond : travail sur l’Être et non l’avoir.

Il est surtout un travail exigeant tout en restant à la portée de tous. Une fois que la discipline a été acquise ce travail apporte tellement de résultats positifs que l’effort consenti est largement récompensé.



Les gains obtenus


Le travail sur la respiration via la méditation permet d’atteindre une maîtrise de ce que nous sommes par l’acquisition de nouveaux états de conscience. Les bénéfices se manifestent tant au niveau physiologique (réduction du stress) que de la sphère psycho-affective.



Réduction du stress


En retrouvant le calme la personne sort de l’état de stress. Cela parait évidant pourtant ce n’est pas rien : le stress est une cause d’innombrables problèmes de santé. La réduction du stress est facteur de santé en soi et permet de retrouver une qualité de vie perdue.



Maîtriser les émotions et les pensées


Le fait de calmer et de contrôler le placement de sa respiration, permet de maîtriser notre nature instinctive très encline à se manifester sous la forme de la peur, de la colère ou de l’angoisse. Le bénéfice certain est énergétique : en effet, ces émotions négatives sont de grandes consommatrices d’énergie. Le maintien du calme intérieur et son développement nous permet d’agir plus correctement et surtout de rester hors de la souffrance.

Lorsque la personne parvient à maintenir l’état de calme, elle peut tout simplement répondre calmement, dans le respect de ce qu’elle est intérieurement et sortir du schéma d’action-réaction automatique de l’instinctif.



Acquérir le détachement


Le détachement est la capacité que l’on acquiert lorsque l’on arrive à prendre du recul par rapport à nous-mêmes, ou plutôt plus exactement lorsque l’on parvient à observer son comportement avec un regard objectif.

Un exercice simple est de s’imaginer que notre vie relationnelle est comme un film, que l’on regarde dans la salle en tant que spectateur. Les rôles que nous tenons dans tous nos échanges sociaux apparaissent alors et permettent d’en tirer de précieux enseignements.

Pour ceux qui y parviennent, l’étape suivante consiste à agir comme un metteur en scène sur leur propre rôle. Ce faisant, il devient possible d’agir plus intelligemment et d’une manière mûrement réfléchie dans nos interactions avec les autres.



Le lâcher-prise


Le lâcher-prise est la capacité de ne pas s’identifier à des éléments à forte charge émotionnelle, s’étant déroulé dans le passé et conditionnant notre présent. Le lâcher-prise permet, par exemple suite à un choc violent, de sortir de son rôle de victime et d’en tirer l’expérience afin de revaloriser profondément la personne.

Le lâcher-prise est bien entendu un acte d’ordre affectif. Tout choc émotionnel crée d’une manière subtile mais efficiente, une perturbation grave au niveau affectif (corps astral) et énergétique. Le choc s’imprime dans le système nerveux aussi sûrement qu’une page blanche ne l’est plus après impression. Sans travail intérieur, les chocs passés modifient profondément le comportement présent tout simplement parce que l’inconscient de tout être humain est programmé à éviter dans le présent, tout ce qui a fait mal dans le passé.

Alors que le choc bloque la respiration, le fait de se remettre en pensée dans ce traumatisme en respirant permet de le « débloquer » et d’évacuer la souffrance. Il arrive souvent que lorsque l’on évoque des événements douloureux de notre passé, nous sentions notre corps se crisper, « se rappelant la douleur passée ». C’est sur ce genre de problèmes que le travail respiratoire pratiqué sérieusement et avec conviction, peut être très efficace.



Maîtrise du Ki


La circulation de l’énergie vitale, le Ki en japonais est quelque chose que les plus sensitifs parmi nous peuvent sentir aisément. Lorsque la respiration se calme au point de devenir imperceptible, chacun peut percevoir la circulation du Ki dans le corps.

Pour les pratiquants d’arts martiaux traditionnels, ce travail est essentiel et leur permet d’atteindre le niveau par lequel s’expliquent certains exploits bien connus des grands maîtres d’art martiaux.

Tout comme la « science de la conduite des énergies » le décrit dans la théorie, chacun peut subtilement et intuitivement expérimenter la découverte de cela pour autant qu’il le veuille.



Les dangers de la méditation


La méditation est à déconseiller si elle devient un moyen de développer des éléments négatifs de la personnalité comme :
·         Le désir de puissance et de croissance au détriment de ses congénères
·         L’égoïsme
·         L’orgueil
·         Etc.



L’aspect spirituel


La pensée est dans le mental une forme créée par le penseur. La plupart du temps, l’être humain, le penseur, s’identifie avec la forme-pensée ou pire, avec sa matérialisation dans le monde physique.

L’aspect spirituel de la méditation n’est pas obligatoire mais représente une évolution naturelle du travail méditatif lorsqu’il est poursuivi un certain temps.

Au-delà de la pensée il y a le penseur. L’identité du penseur est le Soi. La spiritualité représente simplement la volonté de définir soi-même l’identité du penseur.



Conseils pratiques


·         Consacrez du temps à la méditation et à rien d’autre. Définissez la durée qui vous convient et que vous pouvez donner en fonction de vos occupations.
·         Faites-le dans une pièce calme bien aérée, ni en plein soleil, ni à l’ombre.
·         Adoptez une position qui vous permette de rester le dos droit durant au minimum vingt minutes
·         Commencez à prendre le contrôle de votre respiration en inspirant durant un temps et en expirant durant deux.
·         Placez votre respiration au niveau du bas ventre
·         Placez-vous en observateur par rapport à émotions et vos pensées. Ne vous laissez pas submerger par elles mais prenez du recul sans pour autant nier leur existence.



Conclusion


Certains cherchent développer leur capacité à se concentrer dans leur vie professionnelle ou sportive. Certains recherchent à acquérir la maîtrise de leur nature instinctive. D’autres recherchent l’éveil spirituel et à se mettre en contact avec leur âme. Toute recherche pourvu qu’elle soit honnête, hors de l’ego et de nature positive est bonne et justifiée au moins aux yeux de celui qui la poursuit. L’important est d’avoir la foi dans nos capacités à évoluer grâce à la méditation qui n’est qu’un outil utile sur la route de l’évolution.

Tout comme on ne dresse pas un cheval sauvage par la violence, la maîtrise de la nature instinctive de l’Homme ne se fait pas à coups de triques. La méditation nous apprend à nous détacher des passions de notre nature hormonale. En prenant le contrôle de celle-ci nous prenons le contrôle de notre vie tout en tenant compte plus que jamais de ce que nous sommes vraiment et de ce que les autres sont.



                                                                                     Jean-Christian Balmat


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mardi 10 mai 2011

Sagesse du Milieu / Travailler sur soi pas à pas Article 4 : Travailler sur l’angoisse


Comme nous l’avons dit dans le précédent article « Une peur prolongée ou répétée entraîne un sentiment d'angoisse. L'angoisse est une peur intense, parfois chronique ».

En comportementalisme, l’angoisse est définie comme un comportement relié à une émotion durable de peur sans stimulus externe (objet) clairement défini. Les angoissés pathologiques développent une peur démesurée voire même exagérée par rapport à certaines situations. Ils n'arrivent plus à se contrôler et ce d'une manière permanente. Selon certaines statistiques, 20% de femmes sont concernées pour 10% d'hommes.

Sa forme la plus aigüe est la crise d’angoisse (ou attaque de panique) alors qu’à moindre niveua elle apparait sous la forme de timidité ou d'inhibition. Nous sommes en présence d’une crise d’angoisse si au moins quatre des symptômes ci-dessous apparaissent en moins de dix minutes :
  1. palpitations, battements de cœur
  2. transpiration
  3. tremblements
  4. impression d'étouffement
  5. sensation d'étranglement
  6. douleur, gêne thoracique
  7. nausée ou gêne abdominale
  8. sensation de vertige ou d'évanouissement
  9. déréalisation (sentiment d'irréalité) ou dépersonnalisation (être détaché de soi)
  10. peur de perdre le contrôle de soi ou de devenir fou
  11. peur de mourir
  12. sensations d'engourdissement
  13. frissons ou bouffées de chaleur
  14. fatigue
  15. des pleurs

A noter qu’une crise d’angoisse se déroule durant une période de temps limité et se caractérise par des craintes et des malaises intenses. Les crises d’angoisse apparaissent en général au stade adulte.

Elles surviennent souvent dans un environnement de stress et d'anxiété permanent. Il existe un véritable cercle vicieux, chaque attaque provoquant un climat qui favorise l'apparition de nouvelles crises.



La manifestation de l’angoisse


Trois aspects de la manifestation de l’angoisse sont à prendre en compte :
1.      L’aspect psychologique : Le sentiment de peur, d'inquiétude perturbe la concentration, l'attention, la mémoire.
2.      L’aspect physique : manifestations des symptômes décrits ci-dessus.
3.      L’aspect comportemental avec deux types de réactions face à l’angoisse :
a.       L’inhibition totale : l’individu ne peut pas agir, est figé, bloqué dans la passivité
b.      L’agitation désordonnée : l’individu ne peut tenir en place. Il ira jusqu’à fuir physiquement s’il perçoit un risque ou se sent menacé

Plus l’individu a peur de quelque chose plus il a tendance à l’éviter ou à renoncer. Cette attitude renforce le sentiment d’angoisse.



Les causes de l’angoisse


L’angoisse a très souvent son origine dans la petite enfance. Une éducation emplie d’humiliations permanentes inhibe l’acquisition de la confiance de l’enfant, puis l’adulte amplifie les manifestations d’inquiétude face à des situations stressantes pour l’individu. De même, une éducation trop protectrice de parents agissant à la place de leur enfant ou les mettant continuellement en garde contre tout et tout le monde, crée un climat de méfiance constant chez l’enfant, puis en l’adulte, aggravant le manque de confiance en lui et dans les autres.

Plus rarement, des chocs au stade adulte pourront conduire à des angoisses et à l’anxiété.



L’angoisse permanente


Lorsque le sentiment d’angoisse devient permanent on l’appelle le trouble anxieux généralisé (TAG). C’est une angoisse permanente de l’individu face à l’avenir, une peur systématique de l’imprévu et l’impossibilité de se réjouir pour un événement futur. Il appréhende toujours un imprévu.



Le stress post traumatique


Le stress post traumatique est la forme grave de l’angoisse et survient après un choc traumatique important (par exemple : guerre, viol). Les symptômes peuvent apparaître plusieurs semaines ou mois après le drame.



Comment travailler sur ses angoisses


Symboliquement, l’angoisse est liée à la mère, tout comme la peur est plutôt liée au père. Le manque de confiance est le terreau psycho-affectif dans lequel elle se développe.

Dans la mesure où les manifestations pathologiques ne sont pas trop graves, un travail personnel peut être effectué. Dans le cas de crises d’angoisse, il est essentiel que la prise en charge soit faite par un médecin.

Nous avons vu que l’angoisse est éprouvée lorsque l’individu est en déficit de confiance. Hors, la confiance est acquise au travers de la réalisation d’actes concrets.

La première étape de ce travail personnel sur l’angoisse doit être faite en dressant « une carte des angoisses ». C’est-à-dire que la personne souffrant de cette problématique, doit chercher à définir le plus clairement possible ses angoisses :
·         Quelles sont les situations relationnelles ou de vie qui déclenchent les angoisses ?
·         Y a-t-il des signes avant-coureurs qui précèdent les angoisses ? Si oui lesquels ?
·         Quelles situations la personne cherche-t-elle à éviter ?
Le but atteint, la personne en souffrance devra chercher à littéralement produire intérieurement des sentiments positifs contraires à l’angoisse : la confiance, mais aussi l’encouragement, le maintien du calme et de la sérénité. Ce travail sera de qualité si la personne détermine la période fondatrice de ses angoisses. Dans son for intérieur, elle cherchera à combler les manques qu’elle a réellement subit. L’angoisse est comme un trou dans lequel l’angoissé tombe sans pouvoir lutter. Par contre, s’il parvient à maintenir l’angoisse à un niveau très bas en générant des sentiments positifs, peu-à-peu, il gagnera, avec sa nouvelle confiance active, du terrain sur la zone de lui-même qu’il avait abandonné à l’angoisse

Certaines méthodes comme la méditation peuvent apporter énormément en tant qu’outil personnel générant les qualités sentimentales.

Alors que l’angoisse est intimement liée à la passivité (l’individu ayant des angoisses à l’encontre de son angoisse, donc du mal à en parler et encore plus à la contrôler) ; le travail sur celle-ci devra impérativement être actif et dans le mouvement. La volonté positive de changer le cours des choses en prenant le contrôle de l’angoisse est essentielle afin que l’estime de soi augmente. Car cela peut paraitre évident mais l’individu devra impérativement chercher à être fier de lui-même en se fixant des objectifs positifs possibles à atteindre afin que sa perception de lui-même soit de plus en plus positive.

L’angoisse est une pathologie très invalidante pour celui qui l’expérimente dans la vie quotidienne. Ce travail est aussi celui qui consiste à se donner de l’amour, de la confiance et de l’encouragement. Oser faire table rase des regrets envers le passé qui n’a pas été idéal et de combler enfin les manques est essentiel. La positivité sans pourtant devenir euphorique est le médicament le plus efficace. Le niveau d’angoisse devra être surveillé afin que l’individu évite « de se faire surprendre » par une angoisse inattendue.

L’individu devient le créateur d’une vie nouvelle, une vie dans laquelle il a confiance en lui et en ses ressources intérieures. Une vie dans laquelle il va oser faire ce qui lui est cher sans renoncer de peur de l’angoisse. La confiance en soi n’est pas innée mais acquise : elle se travaille au travers des actes du quotidien.


                                                                                     Jean-Christian Balmat


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