mercredi 6 juillet 2011

Sagesse du Milieu / Comprendre et changer ses comportements


Comprendre et changer ses comportement

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Les comportements de l’être humain moderne ne sont pas dus ont hasard. Bien au contraire nos comportements actuels sont des reproductions de ceux qui furent bénéfiques à notre espèce d’un point de vue évolutif.
Des systèmes cérébraux spécialisés ont donc évolué afin de faire ressentir du plaisir ou, au contraire de la douleur, durant la réalisation de nos comportements, ce afin de nous donner les moyens de les évaluer au travers de l’expérience du ressenti. De ce point de vue le plaisir est essentiel en tant que preuve du fait que le manque intérieur a été comblé par un acte qui a apporté une satisfaction.
Nos comportements, qu’ils soient acquis par l’expérience personnelle ou innés au travers de la génétique propre à note espèce, sont les chefs d’orchestre de nos actions tout en étant en majorité inconscients et reproduit par notre « pilote automatique » intérieur : le subconscient.
La tradition orientale nomme la personne qui reproduit ses comportements sans réfléchir « l’automate-perroquet » : les actes (inconscients) et les paroles (conscient) sont reproduits en correspondant parfaitement à la Loi en vigueur à l’intérieur du groupe social auquel appartient l’individu.
Changer de comportements ne pourra donc se faire que par la compréhension du fonctionnement du système nerveux en général et de certains centres cérébraux en particulier.
La principale fonction du cerveau est de maintenir l’homéostasie. Hors parmi les systèmes cérébraux, ceux qui permettent de satisfaire nos besoins vitaux, influencent le plus nos comportements.
On peut distinguer trois phases dans le fonctionnement de ce merveilleux système :
1.      Suite à un stimulus, notre cerveau nous pousse à passer à l’action, ce afin de satisfaire un besoin. La faim est le premier besoin que l’être humain satisfait : avant même de parler ou d’appréhender le monde dans lequel il vit, il pleure afin d’avertir sa mère qu’il a faim (bien que cela soit dans ce cas profondément inconscient, les pleurs de l’enfant sont une stratégie très efficace)
2.      Le passage à l’action est récompensé par une sensation de plaisir. Par exemple, manger procure du plaisir mais celui-ci n’est pas complet si le repas n’est pas apprécié et/ou pris seul sans possibilité d’échange social. C’est donc l’action qui est récompensé et pas seulement l’obtention de la récompense. L’action correspond souvent dans les sociétés humaines à un rituel.
3.      Puis finalement, la satisfaction qui met un terme à l’action, jusqu’à ce qu’un nouveau besoin vienne déclencher le désir



Programmé à rechercher le plaisir


Figure 2 : http://questmachine.org

L’être humain est programmé à reproduire des comportements qui, dans son histoire ou dans celle de son espèce, ont procuré du plaisir, en entretenant sa vie (homéostasie) et en la faisant évoluer.
Ce qui satisfait une pulsion intérieure pleinement génère du plaisir. La satisfaction correspond à la cessation du manque intérieur ayant généré la pulsion. Le plaisir est la preuve sensorielle que le manque a cessé et que le corps va bien. La douleur est évidement l’inverse et conserve la préservation de l’intégrité du corps : en retirant par réflexe sa main d’une plaque chaude, par action réflexe instinctive, nous sauvons notre main, sans y réfléchir consciemment.
Ces deux notions ont présidé à la spécialisation de trois systèmes nerveux liés aux comportements : l’un est à la récompense (MFB), l’autre à la punition (PVS) et le dernier à l’inhibition (SIA).
Le cycle pulsion – action – satisfaction, géré le MFB, d’une part et la fuite ou la lutte, gérées par le PVS, d’autre part, permettent à l’organisme de préserver son homéostasie dans l’action. Ils composent à eux deux le système activateur de l’action (SAA)
Le plaisir est le moyen développé au cours de l’évolution de notre espèce, pour nous inciter à respirer, à manger, à trouver un partenaire sexuel, à se protéger des risques, etc.



La récompense et la punition


Deux systèmes se sont donc développés dans le cerveau pour traiter la récompense et la punition.
1.      Le « medial forebrain bundle » (MFB) en anglais qui est le circuit de récompense
2.      Le « periventricular system (PVS) », qui est le circuit de punition, qui active la fuite ou la lutte
Ces deux systèmes ont pour but de préserver l’homéostasie par l’action et forment ensemble le système activateur de l’action (SAA).

S.A.A.
S.I.A.
Action ou ressenti plaisant
Action ou ressenti douloureux
Inhibition de l’action
Désir (envie de…)
Fuite (si réussite=satisfaction ; si impossible lutte)
Activation du SIA
Action
Lutte (si réussite=satisfaction ; si impossible SIA)
Perturbation pathologique de l’organisme
Satisfaction


Tableau 1 de l’auteur

Le S.A.A. s’oppose au système inhibiteur de l’action (SIA). Ce système s’enclenche en cas d’inefficacité de notre action (qui correspond à un profond sentiment d’impuissance = « je ne peux pas interagir avec mon environnement car ceci est « faux » pour Moi, mais je ne parviens pas à agir donc je ne bouge plus, je me prostre, me replie »).
Le S.I.A. a été utile dans l’évolution et de manière très ponctuelle, dans les situations où toute action est susceptible d’empirer la situation. Lorsque l’humain perçoit que la lutte ou la fuite sont impossibles, il se contente de la soumission et l’acceptation (passive et à contrecœur) afin de maintenir autant que faire se peut le statu quo.
Dans notre société moderne où la compétitivité est érigée au rang de dogme, de nombreuses personnes vivent dans l’appréhension de la « punition » : peur du chômage, peur de ne pas avoir la promotion, peur de ne pas pouvoir payer les factures à la fin du mois, peur de dire au chef de vente nos petits résultats, etc. Dans ce genre de cas, la personne n’a plus l’impression d’avoir de choix et sombre dans l’inhibition chronique. De nombreuses conséquences sont à déplorer lors d’un sur fonctionnement du SIA comme en autres : dépression, maladies psychosomatiques, ulcères d’estomac, hypertension artérielle. A noter également qu’étant donné que le SIA épuise le potentiel de lutte du système immunitaire des pathologies plus graves peuvent se développer ultérieurement.



Centres de la récompense et du plaisir


Les principaux centres cérébraux de la récompense sont localisés le long du MFB (medial forebrain bundle, en anglais). Le faisceau médian du cortex préfrontal en français). Le MFB est composé de plusieurs centres[1] qui participent tous à la réponse comportementale. Ces centres sont interconnectés et innervent l’hypothalamus, l’informant de la situation, plaisante en l’occurrence. L’hypothalamus réagit alors sur les fonctions végétatives (parasympathique dans ce cas) et endocrinien (libérant des hormones liées au plaisir) par l’intermédiaire de l’hypophyse.

Ce circuit cérébral nous encourage à l’approche



Centres de la punition


L’action est aussi primordiale lorsqu’un danger nous menace. Nous avons alors deux solutions : la fuite ou la lutte.
Les stimulations déplaisantes et/ou douloureuses qui provoquent la fuite ou la lutte activent les centres de la punition ou PVS. Le PVS est formé de plusieurs centres[2]. L’activation du PVS provoque l’activation du système nerveux sympathique et la libération dans l’organisme d’ACTH et d’adrénaline qui préparent rapidement le corps aux efforts exigés par la fuite ou la lutte
Le système de punition inhibe le système de récompense. Ce qui explique que certains régimes politiques ont réussi au court de l’Histoire à manipuler le peuple par la peur et la peur de la punition (ex. : déportations). Ceci est également valable dans toute autre structure sociale : couple, famille, entreprise, etc.
Le MFB et le PVS forment les deux principaux systèmes de motivation de l’être humain. Ils ont pour but assouvir les trois pulsions instinctives (respirer, se nourrir, se reproduire) et d’éviter la douleur.

Ce circuit cérébral nous encourage au recul, au rejet



Centres d’inhibition


Le Pr. Henri Laborit a mis en évidence un troisième circuit : le système d’inhibition de l’action (Behavioral Inhibitory System (BIS)). Il est associé au système septo-hippocampal, à l’amygdale et aux noyaux de la base. Ce système est comme nous l’avons vu, celui qui prend le relai lorsque la lutte ou la fuite ne sont plus possible, avec les conséquences négatives au niveau physiologique.
Pour prendre un exemple simple, le SIA est le système qui produit l’immobilisme du campagnol survolé, à terrain découvert, par une buse. Ce fonctionnement temporaire lui sauve la vie plus sûrement que la fuite. Par contre, dans le cas où un individu se sent comme le campagnol lorsqu’il est en relation avec son patron, se parents ou autres, la situation se gâte. Car il perçoit une impossibilité de fuir ou de lutter : s’il le faisait, il en perdrait son emploi, sa place dans la famille, etc. De plus si la situation perdure des mois ou des années, les conséquences peuvent être catastrophiques en termes de santé (voir aussi le sous-chapitre sur le stress) en affaiblissant fortement les capacités du système immunitaire.
Le SIA peut également « s’enclencher » dans le cas où l’individu manque d’information à propos de ce qu’il vit dans le présent : une personne âgée devant un pc dont elle ne comprend pas le fonctionnement ou un voyage dans un pays étranger sans comprendre la langue et l’écriture. En effet, pour agir efficacement, l’être humain a besoin d'un certain nombre d'informations sur le monde qui lui donnent des possibilités différentes de répondre. Si les apprentissages et expériences antérieures n’apportent pas l’information à l’individu, le SIA prend le dessus sur le SAA. Attention : à l’inverse l’excès d’information (téléjournal, publicités agressives, etc.) a le même effet. Enfin, l’imaginaire peut produire des scénarios que l’individu redoute de vivre. Dans ce cas lorsque le cauchemar se matérialise sous les yeux de la personne, celle-ci se trouve totalement inhibée.


Figure 3 : http://www.critikat.com/

Ce circuit cérébral nous immobilise dans l’inaction



La psychologie évolutive


La psychologie évolutive, née vers la fin des années huitante, examine les comportements humains en tenant compte de la sélection naturelle et de la sélection sexuelle.
Cette approche considère que nos ancêtres, apparus il y a env. 2,5 millions d’années, vivaient avec des contraintes environnementales complétement différentes que les nôtres en tant que chasseurs-cueilleurs : lutter contre le climat, trouver assez de nourriture, s’allier à d’autres pour mieux chasser, trouver un partenaire pour se reproduire et tisser des liens assez fort avec lui pour élever une progéniture, etc.
Cela a eu pour conséquence que les caractéristiques anatomiques et les comportements les plus payants ont été sélectionnés. La psychologie évolutive considère que l’homme moderne est constitué de systèmes cérébraux spécialisés dans la résolution des problèmes de nos ancêtres.
Moralité, notre cerveau n’a pas été sélectionné pour vivre dans un environnement urbain et technologique actuel. Dans la plupart des fonctions, cela n’a pas de conséquence. Par contre, pour d’autres comme l’activation chronique des différents systèmes d’alarme du cerveau sont désastreuses pour l’organisme.
On peut résumer la psychologie évolutive en cinq principes qui remettent en question le modèle standard des sciences humaines :
1.      Les circuits du cerveau sont sujets à la sélection naturelle (par l’entremise des gènes qui codent les grandes voies nerveuses) et ont évolué pour générer des comportements adaptés aux circonstances environnementales.
2.      Nos circuits neuronaux n'ont pas été sélectionnés pour résoudre tous les types de problèmes, mais seulement ceux qui ont affecté la reproduction de nos ancêtres depuis des millions d’années
3.      La plus grande partie de ce qui se passe dans notre cerveau se fait inconsciemment, de sorte que bien des choses qui nous paraissent faciles (reconnaître un visage, courir, etc.) nécessitent des opérations et des circuits neuronaux extrêmement complexes
4.      Des circuits neuronaux différents sont spécialisés pour résoudre des problèmes adaptatifs différents
5.      Le cerveau de l’homme moderne est en réalité adapté à l'âge de pierre.



Choisir de changer de comportement


Les systèmes que nous venons de découvrir sont essentiels à la survie de l’être humain.
La recherche du bien-être a pour but de parvenir à la satisfaction de ses besoins intérieurs.
La douleur ou des sentiments comme la peur ou l’angoisse déclenchent la fuite ou la lutte et permettent  de protéger le corps d’un danger.
L’inhibition permet d’éviter que la situation ne se dégrade lorsque la fuite ou la lutte sont impossibles.
Ces systèmes sont le fruit de l’adaptation magnifique du corps humain à son environnement.
Alors que la sensation de plaisir stimule l’approche, la douleur stimule la fuite ou l’attaque. Et lorsqu’il n’y a pas le choix de s’enfuir ou de lutter, l’être humain se fige en restant inhiber. Les expériences acquises par la vie en général ou l’éducation en particulier ou innées sont autant de « références sensorielles stockées » intérieurement et qui nous permettent, très subjectivement, de déterminer ce qui est « bon ou mauvais », en fonction de notre histoire de vie.
Comprendre ces trois systèmes est un outil qui permet à celui qui cherche à comprendre au lieu de réagir comme un « automate-perroquet » et de changer de comportement en reprenant le volant de sa vie. Car tant que l’Homme ne comprend pas cela, il est l’esclave de la satisfaction de ses pulsions.

Comportements
Attirance (recherche de plaisirs)
Rejet-fuite (douleur)


ou



Lutte
Fuite
Inhibition de l’action
Met en jeu le système de la récompense
Met en jeu le système de punition
Met en jeu le SIA
ou


Succès : renforcement positif renforcé
Echec : poursuite de la recherche du plaisir
Succès : stratégie gagnante mémorisée
Echec : essai d’une autre stratégie d’évitement





Tableau 2 de l’auteur



Exercices pratiques


Je vous suggère de pratiquer l’exercice suivant. Détendez-vous dans un endroit calme et faites un travail d’introspection afin de déterminer :
1.      Bilan de situation :
·         Quels sont les rituels avec lesquels vous interagissez :
o   Avec les membres de votre famille
o   Vos amis
o   Vos collègues de travail
·         Ces rituels sont en fait les instruments d’un rôle que vous tenez. Un petit truc, si votre vie était un film, quel serait votre rôle dans le script : le père, la mère, le fils en constante rébellion, l’employé soumis, la fille à papa, le bellâtre musclée, la naïade des îles, etc.
·         De quelle symbolique votre rôle est-il investi ? Qu’est-ce que les autres attendent de vous ?

2.      Démissionner des rôles que l’on tient à contrecœur, qui appartiennent à un passé révolu ou qui produisent de la douleur :
·         Quels sont les rôles que vous tenez qui vous posent problème voir qui vous dégoûtent ?
·         Qu’aimeriez-vous vraiment tenir comme rôle ? Quels sont vos désirs et vos idéaux profonds ?

3.      Réinvestir son énergie physique, affective et psychique :
·         Déterminez avec autant de précision que possible, le rôle qui sera dorénavant le vôtre « parce que vous l’avez décidé ainsi ».
·         Visualisez les changements de comportements que vous êtes en train de mettre en place dans des situations de vie.
·         Vivez concrètement les changements prévus chaque seconde de vie qui passe, en étant pleinement conscient de vos actes, vos émotions et vos pensées, qui tels trois faisceaux d’énergie partent de vous pour converger vers le nouveau rôle déterminé.
·         Sachez respecter l’autre et laissez-le vivre, sans pour autant lui laisser le droit de décider pour vous. Ne perdez pas de l’esprit et du cœur, les buts que vous poursuivez. Si on vous propose une route, regardez le panneau indicateur, afin de déterminer si ce chemin vous rapproche ou au contraire vous éloigne de vos buts.


                                                                                     Jean-Christian Balmat


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[1] Les centres composant le MFB sont : l’aire tegmentale ventrale (ATV), le noyau accumbens, comme le septum, l’amygdale, le cortex préfrontal ainsi que certaines régions du thalamus
[2] Dont l’hypothalamus, le thalamus et la substance grise centrale ainsi que l’amygdale et l’hippocampe

mercredi 1 juin 2011

Sagesse du Milieu / Travailler sur soi pas à pas. Article 6 : le courage de s’assumer


Dans les articles précédents, j’ai évoqué la nécessité d’apprivoiser nos sentiments primaires, que sont la colère, la peur, l’angoisse et la déprime, afin d’apprendre à les connaitre pour les maîtriser. Hors, il faut reconnaitre que d’affronter ses faiblesses et ses défauts sans se trouver d’excuses ou rejeter la responsabilité sur les autres n’est facile pour personne. Assumer ce que nous sommes, ce que nous ressentons, demande du courage et de la volonté. Affronter tout ce que nous avons caché au fond de nous, est pourtant la première étape qui nous conduit des problèmes aux solutions.



Que faut-il assumer ?


Chaque être humain doit assumer :
·         Toutes ses actions dans le plan physique, affectif et psychique.
·         Toutes les actions des autres ayant touché son aspect physique, affectif et psychique
·         Le résultat intérieur du mélange des deux points précédents

La vie présente est le résultat des actions du passé de la personne et des autres sur elle. Alors que les bonnes actions, celles qui produisent du bien (plaisir), sont faciles à assumer ; celles qui génèrent de la douleur le sont nettement moins. La douleur génère un mouvement de recul, de rejet naturel, visant à maintenir notre intégrité sur le long terme.

Nos échanges sociaux ne sont pas hasardeux mais tout au plus diriger par un expert de la manipulation, l’inconscient :
·         Toutes les personnes qui pensent ou qui éprouvent de manière similaire partagent dans la vie courante des activités communes. « Qui se ressemble, s’assemble ».
·         De même ceux qui s’opposent en pensée ou en termes d’émotions, s’opposent lorsque la Vie les réunit en un endroit commun.
·         De par les réflexes comportementaux           (les habitudes acquises dans le cadre de notre éducation par la famille et la nation dans laquelle nous avons grandi), nous évitons ce qui nous fait mal et nous nous rapprochons de tout ce que nous aimons et ce, dans tous les domaines de la vie courante.
Bien que nous ne nous en rendions pas compte, ce que nous sommes, notre personnalité, est à l’image d’une note de musique plus compatible avec certaines que d’autres. Nos interactions sociales sont parfaitement explicables bien que parfois dures à accepter.



Fuir devant son ombre


Lorsque le ressenti intérieur correspond à de la douleur, une partie de la personnalité a logiquement envie de fuir la douleur et sa cause pour ne plus la ressentir. Il est également extrêmement dur d’affronter ce qui est perçu comme inassumable : tout acte réalisé qui est perçu comme un interdit, qui est « hors la loi », hors du cadre comportemental social, familial ou personnel.
L’éducation établit ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Dans tous les domaines de vie, nous correspondons ou pas aux attentes des autres. Quel que soit le domaine de vie, les « lois » restent les mêmes :
·         Afin d’être la fierté de ses parents ou d’être félicité par son patron, l’être humain respecte les rituels sociaux précis de ses parents et respectivement du patron.
·         La personne devient vite le mouton noir lorsque elle remet en question le cadre jusqu’à être rejeté si elle agit à l’encontre du cadre

Nos échanges sociaux impliquent une relation de type punition-récompense avec l’autre : quel que soit le type d’action, donner du bien rapporte du bien et inversement. Lorsque nos actions sont approuvées et reconnues nous en sommes récompensé, tout comme nous sommes réprouvés en cas de désaccord avec le cadre.

Assumer dans le présent ce que l’on a jusque-là rejeté n’est pas évident. Fuir est une des solutions qui est très souvent utilisée lorsque l’être humain n’assume pas son ombre, sa face cachée (son inconscient). L’avantage de la fuite c’est que l’on n’a pas à assumer les conséquences dans le présent. Son inconvénient est qu’à force de remettre à demain le travail, les boulets du passé finissent par nous empêcher d’avancer. En fuyant dans le présent, on s’assure un futur sombre.





L’autre, ce moi inversé ou le Principe du Miroir


« Comment peux-tu dire à ton frère : Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille qui est dans l'œil de ton frère ».
Luc 6:42

La Vie est comme un film dans lequel nous avons un ou plusieurs rôles. Ceux-ci servent à nous définir : on dit d’une personne qu’elle est l’enfant de tel et tel, le conjoint de quelqu’un ou l’employé de ce patron. Ces rôles impliquent que nous en revêtions l’habit, le costume qui lui correspond.

Notre rôle implique que nous nous comportions d’une manière précise dictée par le groupe social auquel nous appartenons.
Notre rôle se combine avec les autres personnages du « film » et respecte une logique précise et définie. Le professeur exerce devant des élèves, la femme se transforme en mère dès la venue de l’enfant, l’homme politique n’est rien sans ses électeurs, le fort l’est parce que le faible existe et plus négativement, l’agresseur poursuit l’agressé, le vendeur a besoin des clients, le bourreau engendre la victime, etc… Les extrêmes d’un même contexte s’attirent. Le but est de transcender chaque contexte, sortir des extrêmes en renforçant le milieu. Dans ce centre il y a :
·         la force de caractère qui s’extériorise dans le respect de l’autre
·         la paix assez forte pour repousser toute forme de violence
·         la confiance dans les capacités intérieures et la Vie en général. Ce sentiment qui permet à l’être humain d’avancer sur la route de la Vie.
·         La pulsion de vie qui permet de transcender les obstacles de vie

Nous sommes interdépendants les uns des autres. Ce que nous sommes nous amène à faire partie de groupes qui interagissent les uns avec les autres formant ainsi l’humanité toute entière. Nous y tenons notre rôle plus ou moins bien, ce qui nous vaut la reconnaissance ou le rejet.

La reconnaissance de notre rôle par nos pairs nous rapporte l’amour de nos proches mais aussi le salaire de notre patron et l’augmentation de notre réseau social.

Chaque relation engendre une conséquence positive ou négative. La qualité de la conséquence est déterminée par l’énergie personnelle de chacun des protagonistes et le mélange, plus ou moins heureux. La qualité de chacune de nos relations est le reflet de ce que nous et notre partenaire y avons mis.

Pour comprendre le rôle que nous jouons, la meilleure méthode consiste à se placer comme le spectateur de notre vie. C’est-à-dire acquérir assez de détachement avec notre rôle afin de pouvoir le décrire avec autant d’objectivité que pourrait donner une tierce personne. En se détachant de l’implication émotionnelle que nous avons au sujet de notre propre vie, nous pouvons apprendre à y voir plus clair en y posant un regard objectif.



Je réprouve en l'Autre que ce que je refuse de voir en moi


Aller à la rencontre de l’autre, c’est aller à la rencontre de l’inconnu. Apprendre à tolérer l’autre c’est s’ouvrir sur notre inconscient. Ne pas le contester c’est accepter d’apprendre sur soi par l’autre. L’autre est le miroir dans lequel nous pouvons nous découvrir.
·         Nous nous aimons à travers lui.
·         Nous rejetons en l’autre ce que nous rejetons en nous
·         Nous dénonçons chez lui des faiblesses que nous n’aimons pas chez nous.
·         Nous méprisons en lui ce que nous méprisons en nous.



Le courage d’affronter


Affronter c’est arrêter de fuir. C’est l’acte de faire un demi-tour et faire face à nos problèmes.

Le courage est l’inverse de la lâcheté. Ces deux qualités s’offrent à l’être humain après qu’il ait éprouvé la peur de l’inconnu. Dès lors qu’il accepte d’apprendre, même d’une expérience très négative, il évolue.

Le courage d’assumer c’est aussi transcender la mort, en affrontant les éléments de notre vie qui nous ait mis à terre. Affronter ce quelque chose qui, par le passé, nous a tenu en échec ou qui nous a révélé un aspect négatif de notre personnalité.



S’affirmer


Après avoir affronté son passé avec courage, l’être humain peut enfin s’affirmer devant les autres. Dans le respect et la positivité, il a acquis le pouvoir de montrer ce qu’il est, pense, éprouve ou fait sans honte devant l’autre.
Tirer la quintessence de ses erreurs passées, c’est aussi agir en tenant compte de notre expérience. Agir dans le présent au plus juste de sa conscience, c’est éviter d’éprouver des regrets dans le futur et entrer dans la sérénité. Accorder nos actes, nos émotions et nos pensées et les diriger vers nos buts.

L’affirmation c’est surtout la matérialisation par les actes qui sont justes et vrais pour l’individu. Lorsqu’il agit selon sa conscience et participe à des actions qu’il cautionne pleinement, il est serein et vit dans la paix. Il y a d’innombrables façons d’être « juste et vrais », autant qu’il y a d’êtres humains. Chacun peut créer et développer sa version de la vie librement s’il construit positivement. Il sera en harmonie avec l’univers tout entier et recevra du positif en retour.


                                                                                     Jean-Christian Balmat


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